Le Patrimoine Militaire

Tournai est riche en patrimoine militaire. Ces vestiges rappellent les principales périodes de l’histoire de la ville. Pour les situer sur un plan, cliquez sur la carte ci-contre pour l’agrandir.

Période Romaine

Il ne reste pas de vestiges visibles de cette époque.  Les fouilles rendues possibles suite aux destructions de la guerre 1940-45, révéleront bien des vestiges inconnus jusqu’alors ; notamment les substructures d’édifices privés et publics, de thermes, d’hypocaustes, remblayés (sauf une cave rue de Pont) après les fouilles.

Enceinte galo-romaine.
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P de “Pax Romana”.

Tournai était à l’embranchement de chaussées romaines. C’était une agglomération assez étendue. Les habitations étaient dispersées et, grâce à la “Pax Romana”, il n’y avait pas de fortifications.
Les fouilles sur le site de La Loucherie ont permis de retrouver les traces d’un camp romain.

Il faudra attendre les invasions barbares du IIIéme siècle pour que Tournai s’entoure d’un rempart. La taille de la cité se réduira fortement et elle se repliera derrière une enceinte située sur la rive gauche. Celle-ci formait un arc de cercle appuyé sur l’Escaut.

Mérovingiens et Carolingiens

Les seules traces encore visibles et importantes de cette période sont, pour les Mérovingiens, la découverte du tombeau de Childéric, roi des Francs, mort en 481, porteur de son anneau sigillaire portant l’inscription “Childerici, regis” qui établissait incontestablement son identité et le fait que Tournai était bien sa capitale ; pour les Carolingiens, la mise au jour récente d’une cathédrale carolingienne avec les bases de ses murs et de son baptistère.  Tournai perd son statut de capitale lorsque Clovis la quitte pour Soissons puis Paris afin d’agrandir son royaume.  Les Normands la ruinent en 880, l’évêque, seigneur de la ville, sera autorisé par le Roi de France ” à relever sa fermeté” c’est-à-dire à relever ses murailles détruites par les envahisseurs.

Plaque commémorative située sur une façade Place Clovis

Childéric

L’occupation franque commence à Tournai dans les années 430 lorsque Clodion s’y installe.
Childéric est le fils de Mérovée qui donnera son nom à la dynastie mérovingienne.  Childéric est surtout connu pour sa sépulture qui contenait un trésor aujourd’hui devenu célèbre.  C’est à la Place Clovis qu’il est découvert, le 27 mai 1653 par un ouvrier Adrien Quinquin.  La tombe est pillée et  les ossements royaux éparpillés. Le trésor arrive finalement à Vienne entre les mains de l’empereur d’Autriche qui l’offre en 1665 à Louis XIV  Le trésor sera conservé au Cabinet des Médailles à Paris jusqu’en 1831.  A cette date le Cabinet est victime d’un vol important, dont le trésor de Childéric.  Une partie des objets fut fondue, le reste fut retrouvé dans la Seine, dans des sacs.
A la mort de Childéric, son fils Clovis y sera élevé sur le pavois (482).  Clovis est le premier à prétendre au titre de roi des Francs. Ce premier roi de France quitte Tournai pour faire de Paris sa capitale.

 

XIIe siècle

La première enceinte communale.

Il subsiste nombre de vestiges de cette muraille qui affectait la forme d’un demi-cercle dont le diamètre serait le fleuve, le périmètre s’y articulant entre la ruelle des Noirets et l’espace entre les rues des Carliers et Madame. Elle englobait les quartiers du Marché, de Saint-Piat et de Saint-Pierre. Elle serait datée de 1188 à environ 1197-1202. Carrées dans un premier temps (Rédemptoristes), certaines de ses tours sont modifiées afin d’obvier à l’inconvénient majeur du carré : les angles morts. Englobées par l’agglomération en expansion, les murailles seront détruites ou disparaîtront dans les jardins au XVIIIe siècle, les tours servant de réserve ou d’ateliers privés.

  • La tour des rédemptoristes se situe à l’intérieur des jardins de l’ancien couvent des Rédemptoristes. Cf photo de la tour et la courtine (propriété privée) ci-dessous. C’est une tour caractéristique des débuts de la fortification du Moyen-Age. Elle est construite sur une base carrée et est encore reliée par une courtine à la tour du cygne.
  • La tour du Cygne présente une forme particulière due à son renforcement tardif.  Bâtie sur un plan identique à la tour des rédemptoristes, elle n’a gardée que sa base carrée et a été coiffée d’une couronne circulaire améliorant les angles de tir en supprimant une partie des angles morts. Cf photo de la tour vue de l’impasse du Cygne (propriété privée). C’est un élément unique marquant la transition entre les tours carrées et les tours rondes.
  • Le Fort Rouge, tour d’angle défensive, faisait partie de la première enceinte communale.  En fait, l’actuelle tour qui doit son nom à son toit de tuile rouge est construite sur l’emplacement originel de la tour d’angle carrée du XIIe siècle. Le Fort Rouge est une construction qui est postérieure à la première enceinte. Il s’en distingue par sa taille et sa forme arrondie et a un style proche des constructions du XIVe siècle. Les archéologues estiment que sa construction daterait du milieu du XIIIème siècle.  Elle a probablement été constuite après les assauts de 1213 qui ont engendré la destruction de la porte des Maux. Cette tour a été conçue de manière plus imposante que les autres tours circulaires.  Située sur un décrochement de la muraille, plus avancée que les autres par rapport à la courtine, elle pouvait ainsi appuyer voir contrôler la défense des portes des Maux et Ferrain. Depuis le comblement du célèbre Fossé  Kinsoen, la tour faisait partie des jardins de l’hôtel du comte Dumortier.  Cette habitation, construite vers 1750,  avait la particularité d’avoir une façade ornée de 12 médaillons représentant les Césars. Elle donnera ainsi le nom d’îlot des 12 Césars au site.
  • La tour Saint Georges. De forme circulaire, elle est encore flanquée d’un morceau de courtine. Il s’agit de la forme la plus évoluée des fortifications du XIIe siècle.  Construite elle aussi sur une base carré, elle a probablement été aménagée après le siège de 1213. La tour doit son nom au fossé qui la bordait et qui a servi à l’entraînement des arbalétriers. En effet, Saint-Georges était leur saint patron.
  • La poterne de la Loucherie. Cette construction en partie romane est située à l’emplacement de la poterne de la Loucherie. Lors de fouille effectuée dans les années cinquante, les restes de fortifications romaines y ont été dégagées. Elle marquerait une partie de l’emplacement de l’enceinte épiscopale édifiée sur l’enceinte romaine.
  • La tour du Séminaire. Ces morceaux de courtine et sa tour carrée ont été préservés dans les jardins du séminaire. La muraille est aujourd’hui envahie par le lierre

La tour des Rédemptoristes

La tour du Cygne

Le Fort Rouge

Le Fort Rouge dans l’îlot des 12 Césars

La tour Saint-Georges

La poterne de La Loucherie

La tour du Séminaire

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XIII et XIVe siècle

La seconde enceinte communale.

Circonscrivant la ville sur plus de cinq kilomètres, la muraille commencée en 1277 s’est largement détruite lors de l’urbanisation du XIXe.  C’est la décision du gouvernement belge d’établir une autre ligne de défense pour le pays, d’Anvers vers la Meuse, qui aboutit à la démolition de son enceinte devenue inutile.  Ont été préservés le Pont des Trous et quelque tours et courtines à l’est de la ville.

Le Pont des Trous

Solide construction érigée au dessus de l’Escaut, près du pont Delwart, le Pont des Trous est un des rares exemples de porte d’eau conservés à nos jours.  Il faisait partie de la deuxième enceinte communale. Au XIVème siècle, cette porte d’eau se nommait indifféremment les arcs de la porte Bourdiel (signifiant bord de l’eau) ou arc de la thieulerie (qui veut dire Tuilerie) à cause de la proximité de ces deux accès.  Cette porte d’eau pris ensuite la dénomination d’Arcs des Salines et, plus tard, son nom actuel qu’il doit à la proximité d’une écluse nommée vulgairement le Trou ou les Trous.

Le Pont des Trous fut construit en trois étapes :

  • La Tour de la porte de Bourdiel fut élevée en 1281.

  • La Tour de la Thieulerie (parfois aussi appelée du Bruille) fut construite sur la rive droite en 1302, une fois ce territoire acquis par la ville.

  • Les deux tours furent reliées par trois arches en arc brisé couvertes d’une terrasse aux murs percés de meurtrières. Les trois arches construites à l’origine de même largeur datent de 1314.

Dynamité en 1940 par les Anglais qui voulaient couvrir leur retraite et empêcher le franchissement de l’Escaut par les panzers allemands, il fut reconstruit en 1947.
Les tours et les piliers des arches furent surélevés de 2,40 m et l’arche centrale fut élargie à 11,30 m afin de faciliter le passage des péniches.

Les tours Marvis et St-Jean

La deuxième enceinte communale fut construite en plusieurs étapes entre 1277 et 1315.  Les fortifications en moellons de calcaire, entourées d’un fossé, comportaient septante-sept tours et dix-huit portes. Les fortifications de la rive droite étaient protégées par un fossé inondé : une dérivation de l’Escaut appelée la petite rivière.

Insalubre, le fossé sera comblé lors du démantèlement des fortifications. Il sera remblayé par des terres provenant de la citadelle et une promenade sera aménagée dans le parc ainsi créé.

Les tours Marvis sont constituées d’un tronçon de courtine muni de deux tours.  Elles sont adossées à la caserne Saint-Jean.

Situées à hauteur du boulevard Walter de Marvis, entre les tours Marvis et l’Escaut, les tours Saint-Jean sont constituées de deux tronçons de courtine et de deux tours.  Elles sont encore renforcées par une levée de terre.

XVIe siècle

Le château d’Henri VIII.

En 1513, après la prise de la ville par les troupes d’Henri VIII, la cité deviendra la seule ville belge à avoir été anglaise.  Rapidement impopulaire vu son comportement envers les Tournaisiens, l’occupant anglais se retranchera dans une “citadelle” qu’il construira sur l’île Saint-Pancrasse qui était occupée autrefois par un ancien château du comte de Flandre.  Ce camp retranché prendra le nom de château et donnera son nom au quartier actuel.  Il sera démoli sous Louis XIV, en 1667 lors de la construction de la Citadelle et de la canalisation de l’Escaut.  Le seul vestige encore visible en est la “Grosse Tour” ou Tour Henri VIII qui était englobée dans l’enceinte communale.

Ci-contre : photo de la tour Henri VIII et dessin du château avant sa transformation (cliquez pour zoomer).

XVIIe siècle

Le siècle de Louis XIV.

1667, la “Guerre de Dévolution” est commencée et les troupes de Louis XIV commandées par Turenne mettent le siège devant la ville.  Vauban construit les circonvallations destinées à isoler la ville.  Les fortifications sont en mauvais état et ne permettent pas une défense efficace. Après deux jours de siège, les tournaisiens ouvrent les portes et remettent les clefs de la ville au roi.  Commence alors une période de transformation : enceinte bastionnée et ouvrages à cornes, construction de la Citadelle et de nombreuses casernes, canalisation de l’Escaut….  Tournai deviendra une position avancée du “Près carré” recommandé par Vauban pour défendre les frontières Nord de la France.

La caserne des Septs-Fontaines

L’hôpital militaire de Marvis

La Citadelle

Tournai sous Louis XIV

Période contemporaine – XIX et XXe siècle

La période hollandaise.

Les Hollandais ont remis en service, tout en respectant le plan initial, une partie de l’ouvrage de Louis XIV, par l’adjonction de casemates tournées vers la France et par la construction, autour de la cour d’honneur, de cinq corps formant casernes pour les troupes et d’un corps de garde.  Les traces des six casemates en sont visibles rue de la Citadelle, devant la caserne Ruquoy.

Le Fort No 1

La Citadelle Hollandaise

Tournai sous Louis XIV