Vauban - oeuvre Imprimer
Samedi, 16 Janvier 2010 20:43


Mais Vauban est plus qu'un assiégeant victorieux. Lors des sièges il déployait tout son art pour obtenir la capitulation de l'adversaire en perdant le moins d'hommes possibles. Plus à l'aise aux armées qu'à la Cour où sa rude franchise n'est pas de mise, esprit généreux, il est attentif à la misère des pauvres . Ne disait-il pas "Plus de poudre, moins de sang" ?

Sa charge de directeur des fortifications le conduit à couvrir des milliers de kilomètres, parcourant la France dans tous les sens. Durant les nombreux trajets effectués à cheval ou dans sa basterne, il a le temps de regarder et de méditer. De ses pensées il en tira de nombreux mémoires sur les sujets les plus variés qu'il regroupa en 12 tomes sous le titre d'Oysivetés. Ses réflexions aborderont le domaine militaire. Il proposa la conscription par tirage au sort plutôt que le recrutement forcé, l'amélioration de l'armement par l'usage des fusils et baïonnettes à la place des longues piques et des mousquets, la création d'un corps du Génie,...


La vie économique le captiva. Il ordonna la prospection minière dans les vallées dauphinoises d'Oulx et de Fenestrelle, il proposa l'utilisation de la culture alternée (champs/prairies). Il écrira aussi un traité "sur la navigation des rivières" et proposa la construction de canaux pour la Flandre. La réalisation finit par suivre un ou deux siècles plus tard.

Dans toutes ses observations, Vauban était frappé du contraste entre les possibilités qu'il dénombrait et les faibles ressources de la population. Il en concluait que le système fiscal constituait la racine du mal car celui-ci souffrait de corruption. En 1707, il suggéra de remplacer tous les impôts et privilèges existants par une "Dîme Royale sur toutes les natures de revenus, quels qu'ils puissent être" : l'ancêtre de l'impôt sur le revenu. Cette dernière publication - sans autorisation royale - provoqua pas mal de remous et d'inimitiés. Il voulait seulement fournir au roi un moyen de restaurer le pouvoir absolu en limitant les prétentions politiques du "parti des ducs", conduit par Saint Simon, en lui faisant retrouver par de sages mesures l'amour de son peuple en même temps que l'aisance financière.

 

Mise à jour le Dimanche, 14 Février 2010 14:01